Un métier thérapeutique – La suite

Le temps passe.

Soir après soir, je donne tout ce que j’ai, devant vous, dans le but de vous faire passer la plus belle soirée.
Et moi, de mon côté, je grandis.

J’ai fait mon deuil, tranquillement, pendant une tournée entière qui m’a permis de voyager aux quatre coins du Québec pour suivre « ma thérapie » avec vous.

Je vous ai utilisé sans vergogne, sans même vous demander la permission. Maintenant, je vous dois tout!
Je commençais mon spectacle, fouet en main, avec « Cache-cache » cette chanson extraordinaire que Lynda Lemay m’a offerte quelques jours après ma sortie de l’Académie. Elle a réussi à mettre les mots exacts sur ce que j’avais envie de vous partager. Ce sont les mots que j’aurais aimé avoir le temps de dire à mon père.

Je reçois la maquette de la chanson par courriel. Humblement, elle m’écrit : « j’espère que tu vas l’aimer ».
Quelques notes de guitares surgissent de mon portable.

Elle commence en disant : « Il n’y aura pas d’autres fois »… Déjà je pleure. Pendant plus de quatre minutes, je vis intensément chaque mot que Lynda a soigneusement choisi. Je n’avais pas versé autant de larmes depuis le départ de mon père. Je me rends compte alors du bien que l’écriture peut procurer. Pour l’auteur et le lecteur.

À ce moment-là, je n’écrivais pas. Que quelques lignes au fond d’un cahier. Plus tard, ces quelques lignes se sont transformées en pages entièrement noircies de tout et de rien. Sans filtre, sans me demander pourquoi j’écrivais et ce que cela allait donner. Pendant des heures et des heures, sans arrêt. Je suis devenu un junkie de l’écriture.

Une chanson par jour. Parfois, pour d’autres artistes. Les gens autour de moi m’ont alors vu changer. Je devenais soudainement plus léger. Là, je ne fais pas allusion à ma perte de poids. Je devenais plus léger de tout ce qui m’habitait et m’empêchait de dormir depuis déjà plusieurs années. L’écriture n’a pas enrayé mon problème de sommeil, mais je peux dorénavant m’en servir pour créer. Ce métier là me fait du bien, comme rien d’autre. Je le ferai aussi longtemps que je le pourrai et que je sentirai le besoin de partager des choses avec vous. Ce métier-là, c’est vous. Vous me faites du bien.

Sur cette page, je parlerai de tout et de rien. Pour le plaisir d’écrire, puisque le bien que cela me procure est immense.

Maxime